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    • Rapport de gestion Proximus S.A.
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Dynamique du marché

Dynamique du marché

Dans un monde qui change à chaque instant, les opérateurs télécoms doivent se réinventer pour anticiper les opportunités et menaces de demain.

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Position forte sur le marché

Notre position forte sur le marché est un moteur important de la croissance que nous avons enregistrée en 2015.  Grâce aux nombreuses initiatives que nous avons prises pour améliorer notre expérience client, nous avons encore renforcé cette position. La part de marché de Proximus dans la large bande, la télévision et la téléphonie mobile postpaid (excl. M2M) a augmenté de respectivement 2.0 p.p., 3.4 p.p. et 1.3 p.p. 

 

Notre ambition est de défendre notre position et de la consolider.  Nous devons par conséquent anticiper la future dynamique du marché et, dans un monde en évolution rapide, nous préparer aux défis et nouvelles opportunités, comme expliqué dans le chapitre suivant. 

  

  

Mobile

  

Développements du marché

 Pour de plus amples informations sur les prochains développements du marché, lisez également le rapport de Gestion de risques.

Un monde qui change

Année après année, les clients nous demandent des services toujours plus rapides, de meilleure qualité et au prix le plus bas. Ils veulent être connectés partout, à tout moment, sur n’importe quel appareil.

Tendances du marché : accélération de l’évolution du marché numérique

Ces dernières années, les sociétés de télécommunications traditionnelles ont dû engager un processus de transformation radicale vers l’ICT en passant, de façon irréversible, du niveau local ou régional à un horizon plus global.

Malgré les signes positifs observés récemment dans le secteur, de nouveaux bouleversements sont en train de nous propulser dans une nouvelle ère numérique. Ces mutations obligent les opérateurs télécoms à se réinventer pour bénéficier de nouvelles opportunités, tout en évitant de perturber leurs activités professionnelles.

Année après année, les clients nous demandent des services toujours plus rapides, de meilleure qualité et au prix le plus bas:

  • une capacité et une largeur de bande plus grande ;
  • une hyper connectivité omni-canal, partout et à tout moment ;
  • un usage intuitif ;
  • un coût d’utilisation sans souci. 

L’environnement social se polarise autour de nouveaux profils de consommateurs

  • En 2030, 30% de la population en Occident aura plus de 65 ans. Leurs communications devront être aisées et leurs centres d’intérêts se focaliseront plus particulièrement dans les secteurs des loisirs et de la santé. 
  • La « Génération Z » - les jeunes nés après le Millénaire – sera sans conteste la principale source d’inspiration pour le secteur. Ce sont des profils nés dans le digital, axés sur le mobile et exigeants en termes de vitesse de réseau et de services. Ces consommateurs non linéaires sont aussi ultra connectés. Ils ont cependant plus de relations avec leurs smartphones, apps et contenus qu’avec leur fournisseur télécom.

Nouveaux profils de consommateurs

L’environnement social se polarise autour de nouveaux profils de consommateurs. Il y a ceux qui ont plus de 65 ans avec leurs besoins de communications aisées, et dont les centres d’intérêts se focaliseront plus particulièrement dans les secteurs des loisirs et de la santé.

Pour faire face à cette évolution vers l’ICT, les opérateurs télécoms seront en quête de talents dans les secteurs de cybersécurité, du numérique et de l’IT. Indispensables à cette transformation, ces talents sont toutefois une denrée rare et coûteuse.

Les logiciels et les apps vont gouverner le monde. Tous les modèles commerciaux seront à revoir. La révolution Over The Top est en marche, avec des projets, des plateformes et des écosystèmes de plus en plus importants. L’année dernière, les principaux acteurs OTT se sont diversifiés dans le but de satisfaire la clientèle des acteurs traditionnels des télécoms, toujours plus en demande. Parallèlement, ces évolutions suscitent des inquiétudes quant à la cannibalisation des offres voix et TV linéaire, la perte du contrôle des appels et la désintermédiation des professionnels des télécoms. Les OTT fournissent toutefois des applications qui gagnent en popularité, en plein dans la tendance visuelle de la communication : on communique en effet davantage aujourd’hui avec des émoticônes, des images ou des vidéos. 

À l’heure de la démocratisation des services de contenus OTT, de nouveaux standards se dessinent. Les opérateurs télécoms devront investir davantage pour offrir à l’utilisateur une excellente expérience et une grande souplesse. Le client attend des propositions simples, de qualité, une expérience numérique aisée et plus personnalisée. Le standard sera désormais la connectivité omni-canal (les points de vente resteront également des éléments clés).

Agilité

 

Les cycles de remplacement des technologies et du software se raccourcissent de plus en plus, forçant les opérateurs à devenir beaucoup plus agiles.

 

Avec l’avènement des réseaux plus intelligents et flexibles, les opérateurs télécoms n’auront d’autre choix que de se tourner vers les technologies révolutionnaires de prochaine génération : contrôle du réseau centralisé et programmabilité (Software Defined Network, SDN) et délocalisation des fonctions de réseau virtualisées, avec migration des systèmes propriétaires vers des serveurs génériques (Network Functions Virtualization, NFV). Ou encore les technologies alternatives de connexion (Small Cells, Wi-Fi off-loading) permettant de gérer l’absorption du trafic, avec à la clé une hyper connectivité et de nouvelles opportunités de revenus.

Pourtant, les investissements doivent rester prudents : les clients veulent de plus en plus une omniprésence du wi-fi, ce qui peut avoir des répercussions sur la (future) capacité des opérateurs télécoms à monétiser leur investissement dans le réseau mobile. Alors que la durée du cycle de remplacement des technologies dans les télécommunications était de quinze ans (durée de vie de l’équipement dans les comptes annuels et trimestriels), elle s’est réduite aujourd’hui à quatre ans dans l’IT, et moins encore dans le monde des logiciels. Cela exige une plus grande agilité de la part des opérateurs télécoms. Par le biais d’une meilleure commercialisation, ils doivent obtenir un rendement plus élevé. 

Roam-Like-At-Home

À partir de juin 2017, le Roam-Like-At-Home sera mis en place dans la zone de l’UE.  Selon cette réglementation, les opérateurs auront l’obligation de facturer les services de roaming au détail, au sein de l’UE, à un tarif national.

Cadre réglementaire

Proximus opère dans un secteur fortement réglementé. Nous continuons à demander un cadre réglementaire allégé, doté de règles moins complexes et plus concrètes, ceci pour encourager et récompenser les investissements et l’innovation dans l’infrastructure et les services numériques. Dans ce contexte, nous plaidons également pour la création de conditions de concurrence équitables pour tous les acteurs fournissant les mêmes services aux utilisateurs finaux.

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Roaming international 

Les tarifs du roaming dans l’UE sont réglementés depuis 2007. La dernière baisse des tarifs sur base du Règlement Roaming III de 2012 est entrée en vigueur le 1er juillet 2014, avec un impact négatif sur les revenus du roaming en 2015. 

Pour l’avenir, l’UE a adopté, en date du 25 novembre 2015, une mesure baptisée ‘Roam-Like-At-Home’, dans le cadre du Règlement relatif au Marché unique des Télécommunications. Cette nouvelle disposition aura un impact négatif sur les revenus de Proximus et la progression de l’EBITDA. Nous nous attendons toutefois à un certain effet positif d’élasticité, sous l’effet d’une augmentation probable de la consommation de roaming induite par des coûts plus bas.

À partir de juin 2017, à condition que l’acte législatif sur la révision du roaming wholesale soit applicable à cette date, le Roam-Like-At-Home sera mis en place dans la zone de l’UE. Selon cette réglementation, les opérateurs auront l’obligation de facturer les services de roaming de détail au sein de l’UE au tarif de détail national, exception faite de la consommation au-delà des limites de la « Politique d’utilisation raisonnable ». Les détails exacts seront définis en décembre 2016 par la Commission européenne. Durant la période transitoire, entre avril 2016 et juin 2017, les opérateurs seront autorisés à appliquer un supplément à concurrence des tarifs de gros réglementés actuels.

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Neutralité du net 

« La neutralité du net » est le principe selon lequel des types de trafic équivalents doivent se voir réserver un traitement égal en matière de fourniture de services d’accès à internet. Le Règlement relatif au Marché unique des Télécommunications a fixé ce principe dans la législation de l’UE et a établi de nouvelles règles pour la neutralité du net, interdisant de bloquer ou de ralentir des contenus, des applications ou des services en ligne. Cette législation sera d’application dès le 30 avril 2016. Elle impose aux régulateurs de surveiller la situation, de faire respecter les nouvelles règles et de définir des exigences minimales de qualité de service. Elle oblige également les États membres à fixer des règles relatives à des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives.

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Les tarifs de terminaison d’appels fixe et mobile 

Les tarifs de terminaison d’appels sont les redevances versées par les opérateurs fixes et mobiles à d’autres opérateurs de téléphonie fixe et mobile pour assurer la terminaison d’un appel sur leur réseau.

En Belgique, la dernière baisse des tarifs de terminaison d’appels sur les réseaux mobiles (Mobile Termination Rates – MTR), sur base de la décision de l’Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT) de juin 2010, a été appliquée le 1er janvier 2013 aux trois opérateurs mobiles, avec des tarifs de 1,18 centimes d’euro/min. (inflation incluse). L’IBPT élabore actuellement un nouveau modèle de coûts pour fixer les tarifs de terminaison mobile pour la période 2016-2018, suite à une consultation du marché durant le troisième trimestre de 2015. La décision finale est attendue au cours de l’année 2016. Comme les tarifs de terminaison mobile belges sont déjà dans la frange inférieure des tarifs européens dans ce domaine, Proximus estime qu’une nouvelle diminution serait inappropriée. Celle-ci augmenterait en effet le déséquilibre par rapport aux autres pays européens et au reste du monde. 

Au Luxembourg, les tarifs de terminaison mobile définitifs pour les trois opérateurs mobiles (EPT, Tango et Orange) sont fixés, depuis le 1er avril 2015, à 0,97 centimes d’euro/min. par le régulateur. Tango a interjeté appel de cette décision.

L’IBPT a défini les tarifs de terminaison d’appel sur réseaux fixes (Fixed Termination Rates - FTR), le 26 novembre 2008, pour la période 2008-2010 ; aucune nouvelle décision n’a été adoptée depuis lors. En 2015, l’IBPT a procédé à une analyse des tarifs de terminaison fixe, avec des impacts potentiels pour l’avenir. Une décision finale est attendue dans le courant de 2016. Selon Proximus, l’IBPT devrait autoriser les opérateurs de téléphonie fixe à bénéficier d’une rétribution équitable pour les terminaisons d’appels sur leur réseau. 

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Les règles de protection des consommateurs

Depuis 2012, le ministre des Télécommunications a renforcé différents aspects liés à la protection des consommateurs belges (cf. les mesures de 2012 destinées à faciliter la résiliation anticipée des contrats à durée déterminée).

En 2015, l’IBPT a consulté le secteur dans le cadre du projet « Easy Switch », une proposition qui a pour but de faciliter le changement d’opérateur pour les services fixes grâce notamment à une procédure harmonisée et centralisée, sans coupure de service ni doubles facturations. Le ministre des Télécommunications a chargé l’IBPT de faciliter, pour la date limite du 1er mars 2016, un accord entre les divers opérateurs sur les détails techniques et opérationnels. Proximus soutient le projet « Easy Switch ».

Cette année, l’IBPT s’est également penché sur la transparence de la disponibilité des réseaux en Belgique. Dans le cadre du projet
« Atlas », l’Institut a publié, en juillet et novembre 2015 et en février 2016, des cartes de couverture de l’internet mobile. L'institut prévoit pour 2016 la publication de cartes agrégées montrant la couverture fixe. À côté du paramètre unilatéral de la couverture du réseau, Proximus encourage vivement de porter une attention particulière aux paramètres qualitatifs de l’expérience client. 

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Réglementation du câble et de la large bande 

Par décisions des 12 novembre 2014 et 13 mai 2015, la Cour d'appel de Bruxelles a confirmé la décision réglementaire de 2011 relative à l'ouverture des réseaux câblés (Telenet, Nethys, Brutélé, Coditel and AIESH) à la concurrence. Proximus dispose par conséquent du droit de demander un accès complet à leurs réseaux.

En 2015, les prix wholesale réglementés (pour la télévision analogique, la télévision numérique et la large bande) des câblo-opérateurs ont été revus. Les nouveaux prix ont été formellement approuvés par les régulateurs le 19 février 2016. Ils seront applicables à partir du 1er mai. Proximus considère que tout prix wholesale devrait respecter le principe de rémunération équitable du réseau d’accès.

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Prochaine révision du Paquet Télécom de l’UE

Sur le plan des évolutions positives, les autorités européennes sont actuellement en train de procéder à la révision du Paquet Télécom de l’UE afin d’évaluer s’il rencontre les défis actuels et futurs du marché. Parmi les éléments importants de cette révision figurent la réponse réglementaire à la nécessité d’encourager les investissements au niveau des réseaux numériques à très haut débit et la création de conditions de concurrence équitables entre tous les acteurs de l’économie numérique. 

Cadre réglementaire

Téléchargez le rapport complet du Cadre réglementaire 2015.

Paysage concurrentiel

Proximus doit faire face, dans ses activités de base, à la concurrence de trois câblo-opérateurs au taux de pénétration élevé : Telenet (Flandre et 1/3 de Bruxelles), VOO (Wallonie et 1/3 de Bruxelles) et Numéricable (1/3 de Bruxelles et certaines parties du Hainaut).

Ces acteurs exploitent des réseaux capillaires à large bande, ce qui crée une forte concurrence au niveau des infrastructures.

Les marchés fixes pour la télévision digitale et l’internet ont une croissance lente, et le marché de la téléphonie vocale fixe est stable.

Le marché mobile a connu des bouleversements successifs ces dernières années (concurrence accrue et impacts des réglementations). L’essor des smartphones et de l’utilisation des données mobiles a toutefois eu un impact positif : le marché s’est enfin stabilisé et est entré dans une phase de reprise en 2015. Tant le postpaid que les abonnements ont enregistré une hausse au détriment du prepaid.

La concurrence dans le segment ICT est encore plus fragmentée. À côté de ses principaux concurrents télécoms, Proximus doit aussi rivaliser avec des fournisseurs de services IT de niche ainsi que des concurrents internationaux à la recherche d’une clientèle multinationale. Parmi ces derniers, on trouve Orange, BT, Verizon et Colt, ainsi que des intégrateurs de réseaux et de systèmes comme Dimension Data, Cegeka, HP et Getronics.

À l’échelle internationale, le taux d’adoption et d’utilisation des services OTT est en hausse. Ceci est dû principalement à la progression de la pénétration des smartphones, une connectivité mobile accessible et de qualité ainsi qu’à l’utilisation des services de données mobiles. Avec à la clé, un impact progressif sur les revenus des opérateurs télécoms.